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Grrrrr ! de Sophie Dieuaide, ill. Vanessa Hié Casterman Junior, dès 10 ans
Tibor du clos de la Vorgne (rien que ça !), excellent narrateur canin, est en pleine déprime : le basset ne supporte plus Marie-Amélie, sa maîtresse trop attentionnée, les promenades le long de rues bordées de marronniers tous semblables, la monotonie de son existence ou les cachets et les poudres du vétérinaire, sensés lui apporter bien-être et joie de vivre. Seule consolation : rêver à une vie dans laquelle, chien de cow-boy, il pourrait partir à l’aventure, braver des dangers et explorer des terres inconnues en compagnie de son maître inventé, John … Un jour, le vétérinaire, agacé par Marie-Amélie, conseille à cette dernière un remède qui a déjà fait ses preuves : il faut un enfant à Tibor, un gamin qui lui redonne le goût de vivre…
L’auteure prête aux animaux des qualités humaines, un anthropomorphisme échappant cependant à tous les clichés du genre et amené avec subtilité : Tibor est né chien et chien il restera, et les « toutous à mémères » ne sont pas de son goût. Rien d’abêtissant ici, plutôt une bonne dose de cocasserie et une ironie constante qui ancre assurément le récit dans le réel.
Blandine Longre  (novembre 2005)
 
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Critiques de Grrrrr ! Editions Casterman
 
 
Citrouille
 
décembre 2005
Le sous-titre de ce roman canin et hilarant, résume bien son propos : « Grrrrr !... ou comment supporter de devoir faire pipi tous les matins au pied du même marronnier quand on se rêvait chien de cow-boy et que c’est raté. » Tibor du Clos de la Vorgne, basset « avec un pedigree long comme ses oreilles », fait chaque jour le même rêve : il est Bill, chien de cow-boy, arpentant la vallée de la mort en compagnie de John, cavalier sans peur et à cheval... En lieu de quoi, au reveil, Tibor redevient le « Pupuce » de Marie-Amélie, dans un appartement au deuxième étage d’un immeuble cossu du XVème arrondissement parisien. Ce léger décalage pèse sur le moral de l’animal : dépression diagnostiquée par le docteur Jean-Hubert Tran, vétérinaire-comportementaliste-acupuncteur, qui n’en peut mais... À court d’arguments et de vitamines, le bon docteur Tran conseille un traitement de choc : ce basset ramolo a besoin de fréquenter un enfant. Autant dire un extra-terrestre pour Marie-Amélie...
 
Je ne vous raconterai pas toute l’histoire, mais évidemment quand l’enfant paraît rien ne se passe comme prévu. Tibor retrouvera le moral (et le sens de l’humour, de l’amitié et du relatif) et la santé après moult péripéties et un entraînement digne d’un "marine"... Ce roman au ton est très enlevé, se lit d’une traite et avec grand plaisir. Son style est vif, avec quelques réflexions ciselées comme des dialogues d’Audiard. Jamais moralisteur, il est pourtant moral et égratigne au passage quelques travers de notre société où confort et conformisme parfois se contaminent.

par Corinne Chiaradia
Date de publication de l'article : lundi 14 novembre 2005.

 

 

 

 
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